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Entretien avec Clémentine Labussière, championne de France de Cup Tasters 2021

Première des trois primées lors de l’étape lyonnaise des championnats de France du café 2021, Clémentine Labussière a toutefois du batailler face à de redoutables concurrents, pour beaucoup rompus à l’exercice du cup tasting en compétition. A l’issue d’un parcours semé d’embuches (et d’intrus), la barista s’impose donc pour la première fois et défendra les couleurs françaises lors des mondiaux de Milan.

Bonjour Clémentine. Tu es notre toute nouvelle championne de France de Cup Tasters. Félicitations ! Quelles sont tes premières impressions suite à ta victoire au Sirha de Lyon ?

Merci beaucoup ! Pour être tout à fait honnête j’ai mis un peu de temps à réaliser. C’est une récompense incroyable et je la savoure d’autant plus que le championnat a été repoussé plusieurs fois et quel plaisir de finalement y participer et en plus de gagner. Je suis vraiment sur un petit nuage.

La finale, notamment, était très serrée. Tout s’est joué à un point (un triangle). Comment on se sent à ce moment, lorsqu’on est à quelque seconde de soulever sa toute dernière tasse ?

Au moment de soulever la dernière tasse, je sais que dans le pire des cas, je suis deuxième et c’est déjà inouï ! Mais malgré un stress insoutenable je crois dur comme fer à la première place.

Penchons-nous sur le déroulé des épreuves. Y a-t-il une manche ou tu t’es sentie plus à l’aise qu’une autre ? Au contraire, as-tu eu des phases où tous les intrus te paraissaient difficiles à trouver ?

J’ai été déstabilisée par la température élevée des tasses dans le deuxième set et ça m’a beaucoup perturbée. Dans l’ensemble les sets étaient très difficiles, mais malgré tout je me suis sentie beaucoup plus à l’aise le deuxième jour, pour la demi-finale et la finale.

N’est-ce pas compliqué d’enchainer les manches ? Que fais-tu pendant chaque pause (quart, demi, finale,…) pour que ton organisme se prépare correctement à un nouveau set de cafés ? 

Entre les manches j’essaie de me détendre, de manger un peu et je bois beaucoup d’eau. L’attente est très stressante donc j’essaie de me reposer et de respirer profondément mais aussi de discuter et rire avec les autres compétiteurs pour penser un peu à autre chose quand ça devient trop long.

La notion de temps est très importante (en cas d’égalité au nombre d’intrus, c’est le candidat le plus rapide qui gagne). Comment as-tu géré cette balance intrus/temps ? Es-tu plutôt du genre à assurer (et « re-assurer ») les 8 points ou à veiller au chrono ?

Ma tactique a été très liée au chrono plus qu’au sans-faute. Ça a été parfois limite sur certains sets et ça m’a été très bénéfique sur d’autres. 

Que représente la participation au Cup Tasters ? Est-ce un des accomplissements d’une carrière de barista ? Une manière de se tester ? Ou simplement un défi personnel ?

Oui la participation au Cup Tasters est un accomplissement, car c’est quelque chose que je voulais vraiment faire depuis longtemps, mais ce n’est pas une fin en soi. C’est un moyen de toujours plus se challenger et de progresser. Les championnats, c’est une telle immersion dans le café qu’on apprend énormément en entrainement et le jour J.

De fait, les participants étaient nombreux sur cette épreuve, avec des profils très différents : professionnels, amateurs, coffee geeks,… Penses-tu qu’être barista est un avantage pour gagner le Cup Tasters ? Et pourquoi ?

Je pense que chacun avec son parcours propre peut très bien réussir au Cup Tasters. C’est de l’entrainement, mais oui le fait d’être barista me permet de déguster du café tous les jours depuis de nombreuses années et de travailler sur le développement de mon palais également. Ça représente forcément un avantage.

Résultats de la table finale – Crédit : Live SCA

Comment et avec qui t’es-tu entrainée pour cette édition 2021 ?

Quand je me suis inscrite au championnat de France de Cup Tasters, cela faisait un mois que je travaillais dans un coffee shop à Berlin. J’ai commencé à m’entrainer à la triangulation et au blind tasting avec mes collègues très régulièrement. Un de mes collègues  préparait la Brewers Cup en Allemagne donc on s’est beaucoup entraidés. Puis le COVID-19 est arrivé. J’ai quand même continué à m’entrainer aussi bien au travail que chez moi, principalement à la triangulation dans les conditions du championnat sans savoir s’il allait avoir lieu. Puis j’ai déménagé en Irlande ou j’ai arrêté quelques mois les entrainements et repris une fois que j’ai la date de la compétition connue.

Pour les championnats du monde de Milan, tu auras la lourde tâche de succéder à Dajo Aertssen, qui a terminé deuxième des mondiaux 2019. Comment comptes-tu t’inspirer de son expérience et ses performances ?

Dajo est une grande inspiration pour moi. Il m’a vraiment donné envie de participer quand j’ai vu ses performances. Je ferai de mon mieux pour lui faire honneur et je vais m’inspirer de lui dans la gestion du stress, car il a une très bonne approche et maitrise dans ce domaine.

Le Cup Tasters a le principal avantage d’être accessible à un plus grand nombre de compétiteurs. Quels sont les conseils que tu pourrais prodiguer aux lecteurs de Café Mag qui voudraient marcher sur tes pas en 2022 ?

Mon conseil, c’est: “Foncez!” C’est une expérience exceptionnelle. On apprend beaucoup sur soi et sur le café. On rencontre pleins d’autres passionnés et le pire qui puisse vous arriver… c’est de progresser !

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